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14 août 2007
Tunisie, droits de l'homme et Web
La Tunisie, le pays du sourire, du jasmin, du tourisme de masse.
C'est vrai, c'est ce qu'on en dit dans les campagnes publicitaire, mais ça ce n'est que la partie emergée de l'iceberg Tunisien.
La répression à l’encontre des journalistes, des magistrats et des défenseurs des droits de l’Homme s’accroît de façon alarmante.
La liberté d'expression est quasi inexistante, l'opposition au pouvoir non plus.
Internet et son developpement est au coeur de la vision de Ben Ali, fameux "président Démocrate" à plus de 99% des voix.
Pour la petite histoire, Le 20 mars 1994, Ben Ali est candidat unique à sa propre succession et est réélu avec 99,91% des voix. Le 24 octobre 1999, la première élection présidentielle pluraliste est organisée. Ben Ali et deux autres candidats, Mohamed Belhaj Amor et Abderrahmane Tlili, se présentent. Le président sortant est à nouveau réélu avec 99,44% des voix contre 0,31% pour Belhaj Amor et 0,23% pour Tlili.
Bizarre pour un Démocrate...
En discutant avec des Tunisiens vivant sur place, j'ai mieux compris.
La police Nationale Tunisienne, spécialiste en "reception de pots de vin" et corruption en tous genre, va directement chercher les electeurs chez eux, les accompagne jusqu'au bureau de vote et même jusque dans l'isoloir en leur indiquant très courtoisement de voter pour Ben Ali s'ils veulent vivre sereinement...
J'ai certes observé que le président souhaitait développer Internet mais de façon très "encadrée".
Il appelle celà la repression préventive.
L'accès aux sites permettant au citoyen lambda d'ouvrir les yeux sur la situation politique ou juste de se cultiver est souvent impossible.
Google y est filtré, les portails d'hebergements de vidéos aussi, sans parler de wikipédia.
L'état "offre" à la population l'accès à l'information via pléthore de cyber cafés qui sont tous contrôlés.
En fait, l'état mène une véritable Guerre contre l’intelligence.
Reporters Sans Frontières a exprimé son inquiétude, après avoir sorti, dans la foulée d’une mission sur place en juin dernier, un rapport intitulé « Vous n’avez aucun droit ici mais vous êtes les bienvenus en Tunisie ».
Un rapport qui dénonce l’absence de pluralisme de l’information, le harcèlement des journalistes indépendants et « la formidable machine de propagande du gouvernement »
Le pluralisme de l’information n’existe pas et un cyberdissident ira forcément en prison.
Le régime s’attaque aux universitaires, aux magistrats, aux journalistes, et veut faire taire un grand témoin crédible, la Ligue des droits de l’Homme.
La société civile est étouffée, il y a plus de 500 prisonniers politiques en Tunisie, certains emprisonnés depuis 15 ans, des dizaines sont morts sous la torture, d’autres ont passé des années en isolement total...
Les gens ont même peur de citer le nom du président dans la rue, de peur d'être arreter pour dissidence.
Quant à Michel Tubiana, vice-président de la FIDH ( Fédération Internationale des Droits de l'Homme), il a rappelé : « On meurt en Tunisie, que ce soit dans les locaux de la police ou en prison. On est tabassé en pleine rue ». Il fustige « l’insupportable silence des gouvernements européens qui entoure ce qui se passe en Tunisie ». « L’Union européenne est l’un des bailleurs de fonds de la LTDH mais l’argent dort dans les caisses de la banque nationale sans que l’Europe ne réagisse à ce hold-up de l’Etat. Le silence de la France est assourdissant et intolérable. Comme pour l’affaire des disparus du Beach, à Brazzaville, les relations personnelles entre Présidents priment sur le respect des droits de l’Homme. Le régime tunisien reste acceptable pour les bailleurs que sont l’Europe et les Etats-Unis tant que le peuple tunisien mange à sa faim... »
Je suis très triste par la façon dont la situation s'est aggravée mais j'ai confiance en certains Tuniciens fiers et éclairés qui continuent de se battre pour faire aboutir leurs projets. Et je les admire pour leur courage.
18:35 Publié dans Actus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




