27 juillet 2009

EPC dans le voyage : quel avenir?

Ayant commencé ma carrière chez Easyvoyage.com, je garde une affinité particulière pour le secteur Voyage, un des secteurs les plus dynamiques et novateurs de l'E-marketing.

Les annonceurs voyage en performance marketing sont parmi les plus aguerris sur les questions de ROI et de gestion de leur campagne d'acquisition et observer leur stratégie et les décisions innovantes qu'ils peuvent prendre peut nous orienter sur la façon dont notre marché peut être susceptible d'évoluer.

Aujourd'hui ma réflexion a été titillée par un topic intéressant sur webworkerClub, Une des communautés de webmasters francophone les plus actives où Olivier Perrot,  éditeur de Tout gagner et de Oogolo notamment, lance le débat de la baisse des EPC dans le secteur tourisme en affichant avec la plus grande transparence son Top 10 des annonceurs les plus rentables en affiliation. L'indicateur de rentabilité utilisé est l'EPC (Earn per click) qui est le ration CA généré Vs clics envoyés chez l'annonceur.

Ces chiffres sont intéressants car le site génère un volume variant de 250 000 à 500 000 clics sortants par mois et est donc suffisamment puissant pour que ces chiffres veuillent dire quelque chose.

Oogolo.fr a été créé en juin 2007 en même temps que le magazine du même nom. Le site internet se veut un outil pour mettre en application les conseils donnés dans le magazine.

Oogolo.fr reçoit chaque mois 350 000 visites de la part de plus de 200 000 visiteurs uniques pour 2 900 000 pages vues et génère un traffic de plus de 500 000 clics mensuels vers des sites d'ecommerce.

Une newsletter "Alertes tourisme", présentant des astuces et des bons plans dans tous les domaines du tourisme est envoyée chaque semaine à plus de 220 000 abonnés.

Un site référent sans aucun doute.

Voyons donc précisemment les chiffres d'Oogolo pour le mois de juillet à date  :

1) Ecotour : 0.271€ (7,1% des clics)- Affiliation directe
2) Opodo : 0.246 € (9,1 % des clics) - Affili.net
3) NF : 0.21 € (7,4% des clics) - PI
4) Promovac : 0.197 € (32.5% des clics) - Zanox
5) Thomas Cook : 0.168 € (9,8% des clics) - CJ
6) Lastminute : 0.126 € (11,5% des clics) - CJ
7) VSNCF : 0.115 € (6.9% des clics) - Zanox
8) Marmara : 0.106 € (11.5% des clics) - Reactiv Pub
9) XL : 0.104 € (3.1% des clics) - Effiliation
10) Vacances Transat : 0.07 € (0.5% des clics) - PI
11) Look : 0.057 € (7,8% des clics) - Détagué
12) Expedia : 0.028 €(1.6% des clics) - CJ -

Olivier Perrot, qui est un des plus grands détracteurs du bon de reduction en affiliation (selon lui des éditeurs qui cannibalisent les ventes des autres affiliés, sites de contenus ou comparateurs), explique que les 5 voyagistes les plus rentables sont ceux ayant sorti les BR (sites de bons de reduction) de leur programme ou ayant un panier ne proposant pas de case BR.

Alors le bon de reduction, réel apporteur d'affaire? accelerateur de transformation ou juste voleur de cookie? Cette question est déliberemment reductrice mais se pose de plus en plus. Si cette question se pose beaucoup pour les sites de codes de reduction, nous pouvons élargir la reflexion sur les sites proposant des intégrations intrusives comme le site under. Comment gérer les durée de cookie pour chacun de ces acteurs ayant une part dans la reflexion d'achat somme toute relative...?

Monsieur Perrot prouve en tous cas par les chiffres qu'en se passant de sites de codes de reduction, les annonceurs fidèlisent leurs autres affiliés et leur permettent une rentabilité plus intéressante. Et même si nous sommes loin des EPC de 2005 (je me souviens que 0,40 € n'était pas illusoire et qu'à l'époque il fallait batailler pour qu'un affilié lache le CPA pour bosser au CPC), comment expliquer cette chute de la rentabilité de gros éditeurs spécialisés sur le ROI en travel?

J'ai contacté Jean Philippe Pfeiffer et Jean Christophe Gigniac, éditeurs de Vacanceo.com une des premières communautés voyage avec easyvoyage et qui a été pendant longtemps le premier apporteur d'affaire des plus gros annonceurs voyage. Même si le site continue à (bien) vivre, ils ont abandonné tous les deux l'espoir de voir les intégrations voyage à la performance leur apporter la rentabilité saine des premières années, ils préfèrent se concentrer sur des activités plus rentables et moins chronophages. Pour eux, le sujet des attributions de cookie reviens souvent à la charge :

"Nous trouvons que les EPC de l'affiliation sont en constante baisse depuis des mois, dans tous les secteurs du voyage. Même s'il est impossible de connaître en détail les raisons de cette chute, nous savons que de nombreux parasites gravitent autour de l'affiliation. Nous trouvons anormal que les commissions dues à notre travail d'apporteur d'affaire soit vampirisées par des programmes ou sites dont l'existence ne réside que dans le but de poser des cookies. Nous constatons tous les jours que la course à la commission menée par certaines plateformes, agences et annonceurs tue le principe même du marketing à la performance auquel, pourtant, nous étions attachés. C'est la raison pour laquelle nous allons, dans les prochains jours, passer à un modèle au clic"

En 2005 nous débattions sur le modèle de vente : CPC et CPA et leur rentabilité respective, débat dépassé aujourd'hui. Car même si pour la plupart la question de monétiser leur espace au CPC ou CPM revient souvent, n'avons nous pas travailler toutes ces années pour que les intégrations contextuelles, dynamiques deviennent les espaces les plus rentables? Notre capacité à tout traquer n'aurait elle pas dû entrainer logiquement un passage sur une monétisation d'espaces quasi full performance?

Il est étonnant de revoir les EPC valorisés à l'époque (décembre 2005) sur du vol sec par Messieurs Vacanceo :

"Puisqu'on se compare, je dirais qu'il est plus interessant de travailler avec les liens d'affiliation qu'avec du clic à 0.15 €, parce que ca rapporte plus. C'est l'interet de notre moteur. Comme je l'ai dit dans un autre post, nos retours sont :
Lastminute : 0.14 € / clic
Anyway vols : 0.21 € / clic
Ebookers : 0.23 € / clic
Vivacances : 0.35 € / clic
GoVoyages : 0.41 € / clic
Opodo vol : 0.7 € / clic
Expedia vol : 0.91 € / clic "

Il est intéressant d'une part de voir à quel point les positions sur la monétisation de l'espace d'un site de voyage a changé et surtout de voir que pour certains annonceurs, les EPC affiliés sont en chute libre. Après avoir bataillé pour les principes fondateurs du performance marketing, les éditeurs, blasé par trop de concurrence, trop de course au cookie, vont ils repartir vers des modèles économiques moins risqué,  mais qui ne vont pas dans le sens de la valorisation des intégrations? Et pour les annonceurs, à laisser leur réseau d'apporteurs d'affaires à la performance se lasser, ne risquent ils pas de tuer la poule aux oeufs d'or?

Alors saturation du marché ou cannibalisation de cookie? Trop d'intermediaires ou trop de déduplication?  De vraies questions que pas mal d'éditeurs mais aussi annonceurs et agences se posent.

 

 

Commentaires

Globalement il y a un problème de sens. En transposant sur le offline, on aurait :
- un client entre dans une agence de voyages et choisit son voyage
- il est content, il va passer à la caisse, le vendeur est content, il va toucher sa com
- entre le vendeur et la caisse, un autre vendeur harponne le client et lui dit "mettez mon nom à la place de celui du vendeur 1 et je vous fais un rabais de 50 euros"
Le vendeur 1 aura passé une heure à convaincre le client, le vendeur 2 ne fait rien, il se poste devant la caisse et empoche les coms. Les seules coms qui lui échappent c'est quand il s'absente pour aller aux toilettes ou quand il est déjà occupé avec un autre client.
Bref, dans le tourisme, virez tous les sites de BR et les détourneurs de traffic, votre ROI ne s'en portera que mieux... le vendeur 2 se remettra au travail pour convaincre de nouveaux clients et :
- Vous ne paierez plus de com sur vos ventes naturelles,
- Vous ferez des ventes avec une meilleure marge (sans BR) et pourrez mieux payer vos affiliés,
- Vos affiliés "affinitaires" cesseront d'abandonner vos programmes pour se tourner vers d'autres modèles économiques car ils auront un bien meilleur EPC.

Ecrit par : Olivier Perrot | 28 juillet 2009

Tellement clair Olivier. On peut aussi parler du logiciel installé à l'insu du vendeur sur l'ordi de la caissière qui détourne tout pour lui.

Ecrit par : jean christophe gigniac | 28 juillet 2009

Anecdote amusante :
Je viens de regarder mes stats sur un prog tourisme sur deux de mes sites :
- Sur toutgagner.com, ce programme est tagué uniquement dans une zone "codes promo". Résultats sur le mois de juillet : 21 clics, 11 ventes, 440 euros... EPC = 22 euros.
- Sur oogolo.fr, intégration avec "du sens et de l'affinité", comparateur, news tourisme. Résultats sur le mois de juillet : 5017 clics, 6 ventes, 300 euros... EPC = 0.06

Ecrit par : Olivier Perrot | 30 juillet 2009

Je ne pense pas que ce genre de site soit rentable.
Souvenez vous tout ceux qui offraient internet contre un bandeau de pub. Ils ont pas fait long feu.

Ecrit par : e cigarette electronique | 03 septembre 2009

si on se donne à fonds à ce genre de travail pour gagner de l'argent il n y aura pas doute de réussir à gagner sa vie, pas avec n'importe quel site on peut réussir il faut être un bon webmasteur toujours au courant des techniques d'optimisations et referencement

Ecrit par : alptis | 23 septembre 2009

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